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Izza Genini: un témoignage sur le patrimoine musical marocain

Parmi les personnalités invitées pour présenter leurs oeuvres au festival international « Music on Film, Film on Music » qui a eu lieu récemment à Prague, il y a eu aussi Izza Genini. Cette réalisatrice d'origine marocaine est l'auteur, entre autres de la série « Maroc, corps et âme » qui réunit 11 films documentaires. Izza Genini est venue au festival pour présenter un de ces films. Elle s'en est confiée au micro de Radio Prague.

« Il s'agit d'un film sur la musique judéo-marocaine qui s'appelle « Chants pour un Shabbat » et qui est un film sur la liturgie telle qu'on la chantait au Maroc et qui se chante encore aujourd'hui partout dans le monde où il y a des Marocains. Je l'ai filmé dans une synagogue à Paris et au Maroc également. »

Est-ce que c'est une musique qui est encore chantée couramment?

 « C'est une musique qui est toujours chantée. C'est une tradition andalouse, une musique héritée de l'Espagne arabo-musulmane que les Juifs et les Musulmans chantaient ensemble. Chacun avec des paroles adaptées à son rite, mais selon la même conception de la musique. Je n'ai pas fait seulement des films sur la musique juive, j'ai fait des films sur des musiques marocaines. Et ce qui est frappant, c'est qu'en écoutant la musique sacrée musulmane j'ai retrouvé les airs de mon enfance. C'est cette familiarité aux deux musiques qui m'a permis de mieux ressentir et mieux m'intéresser à ces musiques. »

Vous avez donc filmé uniquement des productions musicales et vocales ou vous avez plongé aussi un peu dans l'histoire de cette musique ?

 « Non, parce que ce film fait partie d'une collection qui s'appelle « Maroc,corps et âme » qui était pour moi l'occasion de témoigner vraiment de tout ce patrimoine musical marocain, sans distinction de genre, d'époque ou de religion. Donc les documents que je faisais dans la plupart du temps, je les ai faits essentiellement du point de vue musical, plus que du point de vue sociologique ou historique. Mais, il n'empêche que dans la mesure où j'ai toujours eu le souci de restituer la musique dans son contexte naturel, mes films prennent par voie de conséquence, un côté sociologique ou ethnologique, parce que c'est la réalité tout simplement. Mais ce n'était pas fait dans ce but-là. »

Est-ce que le rôle de cette musique dans la vie actuelle au Maroc est toujours grand où il s'estompe avec le temps?  « Non, il est aussi vivant que peut être la pratique et la liturgie du judaïsme, c'est à dire que partout où vous avez des Juifs marocains de par le monde, que ce soit aux Etats-Unis, en France, au Maroc, en Israël, où ils se rendent dans la synagogue ou chantent chez eux les rituels de fête et de shabbat, ils vont chanter selon ce rythme précis, tel qu'il était chanté au Maroc. Donc de ce point de vue c'est encore très vivant. »

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