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ACTU MAROC

Izza Genini raconte son Maroc

Une série de documentaires sur les mélopées traditionnelles

Sa grande passion pour le Maroc et ses musiques, elle la raconte en images. La réalisatrice Izza Genini ne cache pas son admiration pour la culture de son Maroc natal, la série de documentaires qu’elle a produits à travers les ans en est le témoin. L’Institut français de Casablanca invite le public à partager cette passion, aujourd’hui à 20h30 avec la première partie du cycle Izza Genini, «Maroc, corps et âmes». Ce premier rendez-vous mettra en scène des musiques profondément marocaines: Aïta, Aderzi du Haut Atlas et Ahwach du Moyen Atlas.

Ce qui interpelle chez Izza Genini, c’est qu’au-delà de l’intérêt «documentaliste» de ses films, il y a cette volonté de toucher l’âme des musiques présentées. Un profond désir de tisser des liens entre les protagonistes et celui qui les regarde.

Une sorte de sensibilité artistique et émotionnelle qui donne aux documentaires d’Izza une dimension d’œuvre personnelle. D’ailleurs, l’histoire de la famille de la réalisatrice peut expliquer ce constat. Marquée par l’immigration, la démarche artistique de cette passionnée de musique et de cinéma sera son moyen de renouer avec ses racines et de servir de mémoire du patrimoine.

Dans le documentaire «Aïta», Genini rend hommage à feue Fatna Bent El Hocine. Accompagnant les cheikhate de sa troupe dans leur déplacement au moussem de Moulay Abdallah, la caméra raconte la beauté d’un art fait de chagrin et de joie, d’amour et d’espérance. Les intonations de la aïta, qui font vibrer le public réceptif, sont perçues par l’objectif sensible de Genini. Elle ne laisse rien échapper… pour le bonheur du spectateur !

Dans un autre registre, plus loin géographiquement, «Vibrations du Haut Atlas» se déplace dans la vallée de Aït Bougemez. Ciel et terre constituent le paysage et laissent libre court aux envolées musicales spontanées des femmes de la région. Leur vie est ponctuée par le chant. Les flûtes et le tambourin des hommes accompagnent gracieusement ces apartés. Le documentaire filme discrètement ces musiciens «improvisés» et révèle le secret de leur art.

Dans le troisième documentaire «Nuptiales en Moyen Atlas», Izza Genini nous emmène aux environs de Khénifra. Elle nous propose un voyage à travers le temps et l’espace pour rejoindre les tribus Zayane et Ichker dans leur célébration de la noce mythique de Asli et Tislit, le Fiancé et la Fiancée. Symboles du ciel et de la terre, les deux héros de ce mythe seront racontés par une danse à fortes connotations: Ahwach. La caméra de Genini suit obstinément les mouvements gracieux des danseurs entrepris sur fond de chants attendrissants.

De belles voix douces et déchirées à la fois qui donnent la chair de poule à un auditeur attentif. La musique cadencée et rythmée par les bendirs se présente comme une interpellation de la nature et de ses forces. Pour ces tribus, la ronde d’Ahwach incarne la fertilité et la fécondité tant convoitées. Toujours dans le cadre du cycle Izza Genini, l’Institut français propose, jeudi prochain à la même heure, la deuxième partie de «Maroc, corps et âme», intitulée «Mémoire juive marocaine». Au programme trois documentaires: «Cantiques brodés. (Hommage à Abdessadek Chekara)», «Chants pour un Shabbat» et «La route du cédrat».

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Izza Genini, âme et corps


Née à Casablanca en 1942, Izza Génini quitte son Maroc natal en 1960 pour suivre ses parents en France. Elle suit des études de lettres et de langues étrangères à la Sorbonne et à l’Ecole des Langues Orientales avant de s’occuper de 1966 à 1970 des relations extérieures des festivals de Tours et d’Annecy. En 1973, Izza crée la société SOGEAV pour la distribution des films en Afrique francophone, la diffusion des films africains à l’étranger et la production de films tels «El Hal» et «Transes».

En 1987, en pionnière, elle commence la production et la réalisation de sa série documentaire sur les musiques traditionnelles marocaines «Maroc, corps et âme», qui inclut 15 films: «Louanges», «Des luths et délices», «Gnaoua», «Malhoune», « Rythmes de Marrakech», «Chants pour un Shabbat», «Cantiques Brodés», «Moussem» (Prix Jules Verne 91) et bien d’autres. Son film «Retrouver Ouled Moumen », un retour initiatique aux origines de sa famille, remporte le Prix du Festival du film d’histoire de Pessac, en 1995.

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